Consultation sur le décret de la loi santé : Le Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie demande que la définition même du caractère invasif soit revue

Alors que la consultation sur le projet de décret relatif à la lutte contre les espèces végétales et animales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine vient de s’achever, le Comité Parlementaire de Suivi du risque ambroisie tire la sonnette d’alarme. Alain Moyne-Bressand, président du Comité parlementaire, s’interroge et appelle le Gouvernement à définir clairement la notion même d’invasif.

A l’heure actuelle, la définition de l’invasif entrave et mine nos efforts. Alain Moyne-Bressand rappelle que le caractère invasif d’une plante n’est pas lié à son implantation sur le territoire. Ne plus considérer une plante comme invasive dès lors qu’elle a colonisé une grande partie du territoire, c’est annihiler la lutte contre ces espèces invasives. Malheureusement, c’est ce qui se passe avec la renouée du Japon, présente aujourd’hui sur l’ensemble du territoire français. Quelle sera alors la prochaine étape ? Faire sortir l’ambroisie de la liste des espèces invasives a l’instar de la Hongrie où elle a colonisé plus de 50% du territoire ? Une telle décision nie le caractère nuisible de ces plantes. Nous ne pouvons pas nous y résoudre. Notre mobilisation doit se poursuivre.

C’est dans cette optique, que le Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie a souhaité participer à la consultation publique sur le projet de décret relatif à la lutte contre les espèces végétales et animales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine.

Suite à ses différentes visites de terrain, le Comité parlementaire propose que 6 espèces invasives soient notamment intégrées dans le décret d’application de la loi santé.

Il s’agit de :

  • Ambroisie : une plante invasive dont le pollen est abondant et fortement allergisant. Son pollen provoque des rhumes aux symptômes prononcés, des rhinites, de la conjonctivite, des symptômes respiratoires tels que la trachéite, de la toux, de l’urticaire ou de l’eczéma et apparition ou aggravation d’asthme. Le projet de décret a parfaitement intégré l’ambroisie comme une espèce prioritaire, nous ne revenons donc pas dessus.
  • Datura : une plante hautement toxique pour l’Homme dont le développement devient préoccupant. Ses graines contiennent des alcaloïdes qui, même en très faible quantité, peuvent provoquer des troubles hépatiques, nerveux et sanguins (par exemple, sécheresse de la bouche, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation, confusion, désorientation spatio-temporelle, hallucinations, paroles incohérentes…). L’intoxication involontaire est possible : contamination de conserve de haricots verts par le datura, miel élaboré par des abeilles butinant cette plante, etc.

La plante se développe dans les champs cultivés, les friches industrielles et aime les terres fraîchement retournées. On la retrouve essentiellement dans la zone grand Sud-Ouest de la France mais elle a tendance à envahir désormais les régions plus au nord.

  • Berce du Caucase : une plante qui provoque de graves brûlures sur la peau par simple contact avec sa sève. Bien que le contact soit sans douleur, les toxines qu’elle contient sont activées par la lumière (rayons UV) et rendent la peau extrêmement sensible au soleil, causant des dommages aux cellules cutanées superficielles, caractérisées par la présence d’érythème et d’œdème locaux. Outre le fait qu’elle présente un danger sur le plan sanitaire, la Berce du Caucase nuit à la biodiversité du milieu dans lequel elle se répand. Très compétitive, la Berce du Caucase se développe au détriment d’autres espèces végétales et favorise également l’érosion des berges.

On la rencontre dans les prés, les terrains vagues, sur les talus des bords de routes, et le long des ruisseaux. Présente dans le Nord de la France, on la retrouve également dans les Alpes Maritimes, le Gard et les Pyrénées Orientales.

  • Jussie : une plante qui contribue à la diminution de la biodiversité tant végétale qu’animale. Sa prolifération provoque une modification profonde du fonctionnement des écosystèmes aquatiques et de leurs équilibres biologiques.

Elle est présente dans toutes les zones humides de l’Hexagone qu’il s’agisse de plans d’eau, de rivières, de zones humides ou encore des réseaux de fossés.

  • Renouée du Japon : une plante qui colonise les bords de routes et les berges des cours d’eau. Dotée d’une forte capacité d’adaptation, elle est une redoutable concurrente pour les autres espèces végétales sauvages ou domestiques et menace la diversité de certaines espèces de vertébrés et invertébrés.

Tout le territoire français est concerné par cette plante expansive.

  • Orobanche : une plante parasite et « perverse » qui attaque la biodiversité. Elle parasite les grandes cultures et les cultures légumières : haricot, tomate, tournesol, colza, chanvre, pomme de terre etc. sont menacés et donc les rendements générés sont réduits.

Le littoral Atlantique est particulièrement touché avec la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, la Vendée, la Vienne, la Charente mais aussi le Gard et le Tarn. Dans l’Ouest de la France, plus de 150 000 ha de surface agricole utile (SAU) sont potentiellement concernés par l’extension de ce parasite, avec des spots dans d’autres régions françaises.

Le Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie et autres espèces invasives souhaite par ailleurs souligner que la coordination de la lutte est une nécessité absolue. Cette contribution vise à appuyer le travail de longue haleine mené par les experts comme l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) tout comme FREDON France (Fédération nationale de lutte contre les organismes nuisibles) et à poursuivre la mobilisation sans faille d’associations et de parlementaires.

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