Tout ce qu’il faut retenir du colloque du 14 décembre 2017, à Lyon.

 

Conseil régional AuvergneRhôneAlpes ; Comité Parlementaire de Suivi du risque ambroisie et autres espèces invasives. FREDON France ; Observatoire des ambroisies

 

Jeudi 14 décembre 2017

 

Etats des lieux, points d’amélioration et perspectives

 

Lambroisie, un problème de santé publique majeur :

  • Depuis 37 ans (1980), le nombre d’allergiques au pollen d’ambroisie a quadruplé, passant de 5% à 21 % de la population en Rhône-Alpes[1].
  • Plus de 22 millions d’euros de dépenses publiques annuelles sont liés à l’allergie à l’ambroisie en Auvergne Rhône-Alpes en 2016. 20% des dépenses sont liées à des arrêts de travail mais beaucoup de personnes continuent à travailler dans des conditions très difficiles.
  • 000 malades pour la seule région Rhône-Alpes.
  • Il existe un risque réel d’une nouvelle augmentation du nombre de malades pouvant atteindre 30% dans 5 ans et un état d’infestation définitif similaire à celui de la Hongrie.

 

Symptômes :

  • Rhino-conjonctivite dans 90% des
  • Asthme dans 50% des cas. Constamment plus marqué que dans les autres rhinites allergiques.
  • Atteintes cutanées dans 10% des cas

De manière générale :

  • Mauvais sommeil, mauvaise audition, perte de l’odorat, du goût …
  • Signe dominant : asthénie.
  • Mauvaises performances personnelles, domestiques, scolaires ou

 

Les malades sont touchés selon des mécanismes immunologiques ou purement irritatifs, avec tous les intermédiaires entre une symptomatologie discrète et l’asthme grave. Globalement, l’atteinte clinique est beaucoup plus marquée que dans les autres pollinoses, à prédominance respiratoire très nette, avec un retentissement important sur la qualité de vie entraînant un absentéisme et de fortes dépenses médicales. Les conséquences sur la santé ne sont pas toujours réversibles, avec en particulier l’installation d’une inflammation évolutive au niveau des tissus agressés. Seule la désensibilisation, réservée aux vrais allergiques, est capable d’induire une nouvelle tolérance vis-à-vis de l’allergène et de modifier l’histoire naturelle de la maladie.

 

Pour les agriculteurs : une double peine

  • Les producteurs sont tout à la fois victimes de l’ambroisie par la contamination de leurs champs et par les allergies provoquées sur leur santé. Dans le Cantal par exemple, les agriculteurs représentent 20% de la population et 26% des personnes malades.
  • 000 hectares sont pollués par l’ambroisie en Rhône-Alpes
  • Les pertes de production potentielles, si le contrôle de l’ambroisie n’est pas assuré, ont été évaluées à plus de 10 millions d’euros[2] en Rhône-Alpes.
  • Les pertes peuvent atteindre les 2/3 du rendement en l’absence de désherbage. L’ANSES estime que les pertes peuvent être totales dans le cas de l’Ambroisie trifide et de l’Ambroise à épis lisses.
  • Les bonnes pratiques en plaçant l’agronomie au cœur des stratégies permettent de gérer l’ambroisie. La combinaison des moyens mécaniques et des désherbants est indispensable.
  • Les agriculteurs demandent des moyens techniques et des innovations. Par exemple, les variétés tolérantes aux herbicides (VTH-Clearfield) permettent de maintenir des cultures de tournesol essentielles dans les rotations. Avant l’arrivée de cette technique, les producteurs avaient tendance à arrêter le tournesol dans les zones infestées.

 

Point damélioration :

Les agriculteurs demandent des innovations et des outils de lutte les plus variés possibles.

 

Dans les chantiers

Le BTP est le premier secteur consommateur de ressources avec :

  • 5 à 6 tonnes / habitant / an de matériau extrait
  • 3 tonnes de déchets / habitant / an

Les chantiers de construction ou d’entretien d’ouvrage déstabilisent le milieu avec un risque de dissémination de plantes invasives par le mouvement des engins, le déplacement des matériaux et terres, le ruissellement.

 

La démarche collaborative initiée par le cluster Ecochantiers permet :

  • D’améliorer la gestion du chantier
  • De limiter l’impact du chantier : (consommations, traitement des effluents, récupération des eaux de pluie, circulation…
  • D’améliorer les conditions de travail
  • De gérer efficacement les déchets par leur diminution à la source et la valorisation des déchets générés.

 

Point damélioration :

Favoriser les démarches à l’image de celles du Cluster Ecochantiers qui permet de prévenir et lutter contre l’ambroisie sur un chantier.

 

Sur le volet réglementaire

 

2017 aura été marqué par :

 

  • un décret du 26 avril 2017 (en Conseil d’Etat) relatif à la lutte contre lAmbroisie à feuilles darmoise, lAmbroisie trifide et lAmbroisie à épis lisses,
  • un arrêté du 26 avril 2017 des ministres chargés de la santé, de l’environnement et de l’agriculture interdisant différents usages des ambroisies (introduction, transport, vente…) lorsqu’ils sont réalisés de façon intentionnelle,
  • un arrêté du 2 juin 2017 désignant FREDON-France pour piloter l’Observatoire des ambroisies.

 

Par ailleurs, un projet d’instruction relative à l’élaboration d’un plan local d’actions contre les ambroisies est en cours d’élaboration à destination des préfets.

 

Mise en garde :

  • La complexité des politiques publiques en matière de santé environnementale, santé humaine, santé animale et végétale nécessitent une coordination de l’ensemble. Attention aux approches de gestion isolées avec des raisonnements opérationnels «en silo » qui isolent l’action et peuvent stigmatiser les différents publics.
  • La lutte contre les espèces invasives, et particulièrement l’ambroisie, nécessite la mise en place d’une véritable stratégie de lutte coordonnée à léchelle régionale.

 

  • Comment les communes à ambroisie fontelles?

La clef de la réussite passe par des référents communaux motivés et énergiques pour coordonner la lutte. La Direction Générale de la Santé rappelle que dans 93 % des cas un simple signalement ou un courrier envoyé au propriétaire d’un espace infesté par l’ambroisie suffit à ce que des actions soient mises en œuvre. Dans 97% des cas, l’ambroisie est détruite après relance.

 

 

En conclusion :

L’ambroisie et les espèces invasives constituent un sujet inquiétant pour l’ensemble des acteurs. Ces préoccupations s’agrègent autour de trois grandes politiques publiques européennes et nationales que sont la santé humaine, la santé de la biodiversité et la santé animale et végétale.  Ces politiques montrent que nous sommes à l’aube d’une prise de conscience globale qui nécessite une approche transversale et une synergie de terrain alliant anticipation, coopération et innovation. Pêle-mêle, l’observation du capricorne asiatique constitue un motif d’inquiétude, tout comme le développement de la pyrale du buis. Par ailleurs, des menaces sont réelles sur les peupliers et les platanes. Le colloque permet de réaliser un zoom sur la Berce du Caucase, une plante ornementale et mellifère, apparue au XXe siècle. Elle monopolise les surfaces et la lumière au détriment de la flore locale (-53%). Les prairies, friches, bords de routes et de voies ferrées, les lisières forestières, les berges de rivières sont ainsi colonisées. Elle provoque de graves brûlures de la peau. De la même manière, le Datura Stramoine fait l’objet d’une attention particulière car elle occasionne des pertes de rendement avec des coûts de désherbage supplémentaire. Elle crée des intoxications du bétail par contamination d’ensilage-fourrage. Pour la santé humaine, elle provoque des intoxications via les aliments.

 

Du côté des rongeurs, notons le cas du ragondin et du rat musqué dont la présence déstabilise les équilibres fragiles des écosystèmes des milieux aquatiques et les ouvrages de prévention des inondations. Ils entrainent le développement de maladies chez l’Homme (600 cas recensés de leptoriose en 2017 contre 300 en 2014).

 

[1] Etude ARS Rhône-Alpes

[2] Etude Terres Inovia (CETIOM)-ARVALIS 2012

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