L’ambroisie : poison pour les agriculteurs

Gérer l’ambroisie est complexe comme en témoigne la situation à Roussillon, commune de l’Isère forte de 8.000 habitants qui a développé un tissu urbain mixte. La situation est d’autant plus compliquée que certains champs se trouvent dans les zones d’habitation.
72 % de son territoire est constitué de terres agricoles. Le point sur cette question délicate avec Nathalie Pédron-Trouvé, conseillère municipale déléguée à l’environnement de la commune de Roussillon.

Face à l’ambroisie quel est le problème de l’agriculture?

Les agriculteurs sont confrontés à trois problèmes :

  • On ne reconnaît pas leur travail,
  • La lutte contre l’ambroisie n’est absolument pas coordonnée et varie d’une commune à l’autre. Les agriculteurs sont profondément agacés lorsqu’on les oblige à respecter des règles draconiennes, qu’ils obtiennent des résultats probants et que tout est gâché parce que la commune d’à côté n’a pas cette politique. Leurs champs sont alors contaminés. Il n’y a plus qu’à recommencer.
  • Matériellement, les agriculteurs ne pourront pas seuls supporter le coût de la lutte contre l’ambroisie indéfiniment.

Comment sensibiliser les agriculteurs?

1 : Il faut un cadre légal qui mette tout le monde sur un pied d’égalité. L’ambroisie ne connaît pas de frontière. Quand une commune fait appliquer la réglementation et pas sa voisine ce sont des mois de travail qui sont gâchés.

2 : Donner aux agriculteurs les moyens de lutter efficacement contre l’ambroisie :

  • une aide financière, qui de toute façon, reviendrait moins cher que le remboursement des soins des personnes malades (1,8 millions d’euros pour le seul Pays Roussillonnais).
  • donner accès aux solutions agronomiques qui ont été trouvées notamment pour les tournesols (il existe maintenant une solution efficace à 100%). L’ambroisie est un poison. C’est une plante toxique. Il faut savoir faire la part des choses et mettre les moyens nécessaires pour préserver la santé de la population.

3 : Reconnaître le travail effectué par les agriculteurs. Chaque année je convie la presse lorsque je rencontre les agriculteurs. On explique ce qu’ils font face aux problèmes qu’ils rencontrent. Par exemple : le chaume ne peut pas toujours être retourné en raison d’un état de sécheresse (poussière, dureté du sol) mais dès que les sols sont plus humides, ils retournent les chaumes immédiatement. Grâce aux articles, nous avons pacifié les relations agriculteurs – riverains.

Les solutions techniques existent. Reste à les mettre en œuvre !

Nathalie Pédron-Trouvé, Conseillère municipale déléguée à l’environnement de la commune de Roussillon

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