L’ambroisie : une menace sanitaire

L’ambroisie est-elle un fléau ?

Deux exemples me viennent à l’esprit :
La fille de mes voisins (15 ans) a été hospitalisée d’urgence pour de graves problèmes respiratoires dans les mois qui ont suivi son emménagement à Roussillon (Eté 2005). Sensibilisée au pollen à Lyon (où elle vivait avant), la forte concentration a déclenché une crise violente. Ses parents ignoraient tout de l’ambroisie et de ses dangers.

Une autre petite fille de ma commune (11 ans) vit calfeutrée chez elle de juin à septembre (pics de pollens). Elle ne sort que pour aller à l’école. Elle ne peut ni jouer pendant les vacances ni profiter des sorties scolaires. Le linge ne peut être étendu dehors. Tout contact avec l’ambroisie la met en danger de mort.

Les réactions à l’ambroisie peuvent être latentes et se révéler du jour au lendemain. Pas besoin d’avoir un terrain allergique. Du jour au lendemain on peut voir sa vie gâchée par cette plante.

Les réactions allergiques peuvent donc être insupportables…

Une retraitée (71 ans) m’a confié qu’elle part systématiquement au mois d’août. Elle ne le fait pas par plaisir mais parce qu’elle ne peut pas plus vivre dans la région à ce moment là. Elle a la chance de pouvoir s’absenter et aller respirer un autre air lorsque cela devient insupportable. Tout le monde ne peut pas quitter la ville pendant un mois, à commencer par les exemples évoqués précédemment.

Pour moi c’est un comble ! Personne ne devrait avoir à déménager à cause d’une pollution parfaitement connue et maîtrisable.

Tous les Etés il y a ceux qui peuvent partir et les autres. Il ne s’agit plus d’une question de confort mais tout simplement de vie. Les personnes allergiques qui restent en contact avec l’ambroisie peuvent mourir.
Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle aurait pu être évitée grâce à un plan de lutte efficace et coordonné. Cela fait trente ans que les associations et les élus locaux tirent la sonnette d’alarme.

Comment faire pour la que lutte contre l’ambroisie soit efficace ?

Primo : il nous faut un cadre légal.

On laisse aux mains de maires une question de santé publique. Ceux qui le veulent et en ont les moyens luttent, les autres non. La loi mettrait tout le monde sur un pied d’égalité. Elle permettrait de mettre en place des actions pérennes localement. Le pouvoir de police sortirait des mains des élus locaux pour celles de l’Etat. Une proposition de loi a été faite : il faut absolument qu’elle aboutisse !

Deuxio : il nous faut des moyens financiers.

La majorité des agriculteurs ne traitent pas l’ambroisie faute de moyens. A Roussillon nous avons besoin de 4000 euros par an et par exploitation. En quatre ans l’infestation a été réduite des deux tiers. C’est moins cher que de rembourser les soins des personnes malades (1,8 millions d’euros en pays roussillonnais en 2008).

Tertio : passer à l’action !

Qu’on arrête de financer des programmes de surveillance dont les conclusions sont connues depuis dix ans. Les associations ont déjà fait le travail. Il faut agir sinon on va se retrouver comme dans les pays de l’Est : 80 % de la population allergique et 100 % du territoire infesté.

Quarto : informer et former les parties prenantes.

Tout le monde doit connaître les risques de l’ambroisie. Nous avons besoin de personnes formées pour lutter. Aujourd’hui, je refuse de confier l’arrachage à des jeunes. L’ambroisie est une plante toxique : on ne joue pas avec la santé de la population.

Ce contenu a été publié dans Actualité. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.